Le géant allemand du commerce de mode en ligne a publié mardi des résultats trimestriels contrastés. Malgré une croissance de ses ventes supérieure aux attentes et une activité B2B dynamique, la dégradation de sa marge brute inquiète les investisseurs. Le titre a abandonné 6,3% à la Bourse de Francfort.
Le troisième trimestre de Zalando présente deux visages. D'un côté, le chiffre d'affaires progresse de 5,1% sur un an, à 3,17 milliards d'euros, dépassant de plusieurs dizaines de millions d'euros le consensus. Le volume brut de marchandises (GMV), qui représente la valeur totale des produits vendus sur ses plateformes, augmente de 7,5%, à 4,54 MdsEUR.
De l'autre, la rentabilité commerciale déçoit. La marge brute recule de 0,9 point de pourcentage, à 38,7%, contre 39,9% attendus. Cette contraction s'explique notamment par les réductions de prix consenties pour écouler certains stocks, particulièrement dans les chaussures de sport.
Une rentabilité sous pression
Malgré cette déception, le résultat opérationnel ajusté (EBIT) progresse de 10,6%, à 106,5 MEUR, grâce notamment à une meilleure maîtrise des coûts logistiques. Le bénéfice net bascule toutefois dans le rouge, avec une perte de 18 MEUR, contre un profit de 12,5 MEUR un an auparavant.
Le groupe confirme ses perspectives annuelles, avec un EBIT ajusté attendu entre 680 et 720 MEUR. Cette stabilité ne suffit cependant pas à rassurer les investisseurs, qui espéraient davantage de bonnes surprises.
L'intelligence artificielle, nouveau défi stratégique
Au-delà des résultats, Zalando doit composer avec l'émergence du commerce agentique. Cette technologie permet à des agents d'intelligence artificielle de comparer les offres et de réaliser des achats directement pour les consommateurs, menaçant potentiellement le rôle d'intermédiaire des plateformes traditionnelles.
Pour répondre à cette évolution, Zalando a présenté "Zalando Extended", une initiative permettant à terme d'acheter des produits d'autres enseignes depuis son application, avec l'assistance d'agents d'IA. Un projet pilote est engagé avec Westwing, avant un déploiement des achats assistés par IA prévu en 2027.
Les analystes restent partagés. Jefferies souligne les progrès réalisés dans la gestion des stocks, tandis qu'Alpha Value notifie que le marketing et les promotions pourraient continuer à se faire ressentir sur les marges du groupe et que JPMorgan redoute une poursuite de la baisse du titre, faute de nouveaux catalyseurs positifs et face aux risques structurels liés au développement du commerce agentique.
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